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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 10:44

Improviser … Oui mais comment ?

Ce titre de Tatiana Alferoff-Lehongre est assez évocateur du paradoxe de l’improvisation.


Cela évoque quelque chose de libre et facile, mais en même temps tellement facile, qu’on ne sait pas par ou commencer pour progresser et avancer sereinement.

 

Tout a été dit et écrit sur ce sujet aussi vaste que passionnant, il s’agit pour moi d’apporter modestement ma pierre à l’édifice, en proposant une conception de l’improvisation musicale (et surtout pas une définition restrictive).

 


Je pratique le piano et le saxophone baryton depuis quelques années. Je fais quelques prestations seul ou en groupe (récemment avec "The Freebeez"). Je pratique très modestement la MAO (Ableton live/Cubase 5). 
J’enseigne le saxophone et le piano 4h par semaine dans deux petites MJC situées dans les Yvelines et je suis salarié du secteur public, voila pour la case présentation…

 

Ce blog est tout particulièrement destiné à mes élèves musiciens mais bien entendu, le partage des idées et la critique constructive auront toujours leur place ici.
Vous avez la possibilité de laisser un commentaire et sachez que toutes vos questions sont les bienvenues pour me faire progresser dans ma démarche de pédagogue.


Ce que vous ne trouverez pas ici :
La recette des gambas au citron et encore moins celle du Nutella.
Des commentaires sur la ligue 1 de foot.
Un jargon pseudo-scientifique de spécialistes pour savoir si il faut utiliser la tierce majeure bémol, sur la gamme super phrygienne augmentée mineure, à la mesure 86 du pont de l'anatole en fa dièse bémol.

En revanche, si vous avez le courage, la patience et l'envie de me suivre dans ce projet déraisonnablement ambitieux, vous trouverez régulièrement des articles accompagnés d'exemples audios et vidéos, ainsi que des astuces pour travailler efficacement.
Le tout restant au service de la musique, j'espère vous ouvrir la voie vers votre propre création musicale en trouvant votre propre cheminement.


Je vous souhaite bonne lecture en espérant que vous trouverez des réponses concrètes à vos interrogations.
 

Publié dans : Généralités sur l'improvisation musicale - Par Rachid Manou
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 10:23

Tout le monde peut improviser, c’est une certitude, en revanche il existe une foule de musiciens persuadés de ne pas pouvoir improviser.

Il s’agit avant tout d’une attitude mentale positive.

 

Prétendre vouloir enseigner l’improvisation musicale est à la base un paradoxe.

Comme pour la peinture, le dessin, la sculpture et les arts en général, il s’agit de domaines en constante évolution.

Vouloir enseigner les arts reviendrait à figer, normaliser des domaines où par définition tous les interdits sont permis.

Lorsque vous prenez votre premier cours de piano, on vous apprend à être assis bien droit sur votre tabouret avec une posture parfaite.

Lorsque des années plus tard, vous voyez tel ou tel artiste sur scène jouant en sautant dans tous les sens, à l’envers allongé sur son piano, vous criez au génie mais vous pourriez vous posez la question, pourquoi est-ce qu’on ne m’a pas appris à jouer le piano de cette manière …

 

Au-delà de cet exemple extrême, le débat est lancé :

Doit-on simplement donner une technique instrumentale ?

Doit-on transmettre des idées ?

Doit-on former des interprètes de musique classique, jazz, rock, reggae, blues ?

Doit-on former une personnalité ?

 

Nul doute qu’il y a un mélange de tout ça, mais le plus important est avant tout de  prendre conscience que l’on peut avoir une influence personnelle sur la musique, que l’on peut être créatif et inventif, en prenant un réel plaisir avec son instrument.

 

 

Etymologiquement le mot improviser signifie « faire quelque chose qui n’est pas préparé, pas prévu », on l’envisage simplement au moment où on le fait.

On parle aussi de composition instantanée pour résumer mon propos.

 

Cela demande un contrôle parfait du moment, de l’environnement sonore, être capable d’anticiper…

Tout se passe en temps réel, pas de retour en arrière possible en raison de l’implacable machine qu’est le déroulement du temps, à l’image de certains peintres qui « se contentent » de jeter leur peinture sur la toile au gré de leur humeur ou de leurs désirs.

 

L’improvisation musicale apporte une motivation permanente face à son instrument et ce quel que soit son niveau d’étude et de pratique. C’est la première idée forte de l’improvisation.

Elle fournit un appétit gargantuesque constant dans la pratique de son instrument, appétit qui évite le découragement et le renoncement.

Par la suite elle permet d’aborder la théorie avec une profonde lucidité et une meilleure compréhension des objectifs à atteindre pour progresser.

 

C’est une attitude mentale positive et autocritique qu’il faut développer, tout comme certains savants fascinés par ce qu’ils découvrent, ils ont pleine conscience de ce qu’ils ont encore à découvrir et de ce qu’ils ne savent toujours pas.
La plupart de ces savants sont ainsi d’une simplicité et d’une humilité confondante.

 

Quelle influence personnelle puis-je avoir sur la musique ?

Comment être créatif et inventif ? Que puis-je apporter ?

L’improvisation fournit des réponses à ces questions presque

existentielles.

Publié dans : Généralités sur l'improvisation musicale - Par Rachid Manou
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 02:49

La pratique de l’improvisation est l’un des éléments qui distingue le jazz des autres musiques.

Eric Barret nous dit :

 « … jusqu’à ce jour le jazz est et restera une musique de soliste. Les parties écrites, thèmes pour petites formations et arrangements pour grands orchestres, ne sont pour ces solistes que des prétextes à des développements improvisés ». 

 

Moi j’aime bien cette définition car elle sous-entend que le champ est ouvert.

Toutes les musiques sont concernées.

Cette définition fait tomber le mythe (tout à fait européen) qui veut que l’improvisation soit associée au jazz dans la conscience commune et ceci pour l’éternité.

 

Le champ est ouvert, à condition de se baisser pour en extraire la substantifique moelle, la trier, la peser, la sous-peser, la malaxer, la mélanger, la touiller, la triturer et l’humer pour en récolter les savoureux fruits.

Et devant l’immensité de ce champ de la connaissance, il suffit « juste » de se dire : « mais quand est-ce que je commence ? ».

 

Un peu comme lorsque j’ai ma vaisselle ou mon repassage qui s’accumule chez moi de façon dangereusement exponentielle, au point que le labyrinthe naturel qui en a surgi en devienne lui-même impraticable, ou alors quand de ma cuisine s’échappent subrepticement des odeurs aussi suspectes qu’indésirables.

  

L’instant T, le jour J, la seconde S pour s’y mettre peut se déclencher à tout moment : pendant le sommeil ou la journée de travail, devant la télévision, au restaurant ou au cinéma … comme une furieuse envie de « pisser ».

En tout cas ce n’est pas la main de Dieu qui me touchera de sa grâce pour s’y mettre à ma place car la main de Dieu ça n’existe pas …

 

 

 

… sauf peut-être pour Thierry Henri en ce mercredi soir 18 novembre 2009.

 

La main de Dieu, la main du diable pour un Irlandais ou la main d’Allah pour ma tendre et douce maman, peu importe.

 

Il faut s’y mettre ... ou plutôt choisir le moment de s'y mettre le plus sereinement possible et avec une approche la plus rationnelle possible.

 

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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 11:21

La musique occidentale est composée de 12 demi-tons.

Assemblés dans un certain ordre, ces 12 demi-tons engendrent 12 gammes.

Ces gammes ont quatre couleurs primaires fondamentales :

-      Couleur majeure

-      Couleur mineure

-      Couleur diminuée

-      Couleur augmentée

 

La notion de couleur est un concept universel :

Si je demande à un enfant de 3 ans de me donner sa voiture verte, il ne me tendra pas sa voiture rouge ou bleue.

Ceci est valable pour un enfant français, anglais, espagnol, italien, chinois ou africain …

Le mot sera bien sûr différent d’une langue à l’autre mais la confusion est impossible.

 

Le concept de couleur musicale est de même universel :

Si je joue un blues mineur avec un australien, un espagnol ou un italien, cela renvoie à un choix bien précis de couleurs (musicales cette fois) où là encore la confusion est impossible.

Nul besoin de se concerter avant de commencer à jouer, la couleur "mineure blues" s’imposera naturellement comme une évidence.  

Des facultés d’écoute et de chant (intérieur) sont éventuellement à développer ou stabiliser pour un plus grand confort.

 

 

Les couleurs diminuées et augmentées étant réservées au jazz (en général), il faut « maîtriser » dans un premier temps les couleurs de base que sont le majeur et le mineur. Ceci est une évidence pédagogiquement parlant …

 

Si vous demandez à deux individus distincts (enfants ou adultes), de dessiner en donnant à l’un un crayon à papier et à l’autre une boîte de crayons de couleur, on pourrait discuter des heures sur la « beauté » du résultat (de façon très subjective d’ailleurs), mais on serait à peu près d’accord sur la richesse visuelle d’une production par rapport à l’autre.

 

C’est cette « richesse sonore » qu’il faut essayer de capter, comprendre et analyser chez nos artistes préférés pour essayer ensuite de l’appliquer dans nos propres improvisations musicales.


Toutes les autres couleurs (couleur dorienne, couleur myxolydienne, couleur ionienne, couleur altérée, couleur demi-diminuée, couleur pentatonique, couleur blues, couleur Bartòk …), ne sont que des dérivés des quatre couleurs primaires.

 

Il n’est pas question de tout connaître et tout travailler en même temps (c’est peut-être le travail de toute une vie penseront certains …).

Il s’agit plus à mon avis de choix, de goût, de préférence, de conventions et surtout d’un cheminement individuel vers une maturité musicale en constante évolution.

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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 16:12

Matériau : [materjo] n. m. sing. « Toute matière utilisée pour fabriquer ou construire ».

On trouve généralement ce vocabulaire dans le monde du bâtiment et c’est une bonne comparaison avec l’improvisation musicale.

 

Asseoir des bases solides, des fondations résistantes à son futur édifice est le premier travail qui incombe à l’architecte. Ce travail est d’une importance fondamentale au risque de voir son œuvre anéantie au moindre caprice de la météo.

Construire une improvisation musicale revêt les mêmes exigences de solidité rythmique et mélodique.

 

Pour « maîtriser » au mieux les couleurs de base dont je parlais précédemment (majeure, mineure, augmentée et diminuée), un moyen consiste à s’intéresser un instant aux « triads ».

 

Triad est un terme musical anglo-saxon qui n’a pas d’équivalent en français, c’est pourquoi par respect pour la langue de Shakespeare, j’adopterai cette orthographe.

 

 

On peut traduire triad par un « ensemble de trois unités ou trois éléments pris dans leur globalité ».

Quels sont ces trois éléments et en quoi ce matériau est-il intéressant ?


 

Pour chacune des douze gammes (majeures, mineures, augmentées et diminuées), on isole les éléments suivants : la tonique, la tierce et la quinte.

Ces trois éléments sont les « meilleurs représentants » de la couleur de la gamme, en quelque sorte les notes caractéristiques.

 

Pour la gamme majeure on note : 1-3-5

Pour la gamme mineure on note : 1-b3-5

Pour la gamme augmentée on note : 1-3-#5

Pour la gamme diminuée on note : 1-b3-b5

 

Chaque triad a 6 « combinaisons » différentes que l’on appelle renversement.

Par exemple sur la triad majeure, il est possible de faire :

1-3-5 ; 1-5-3 ; 3-1-5 ; 3-5-1 ; 5-1-3 ou 5-3-1.

 

 

Certains d’entre vous pourraient se sentir (à juste titre) quelque peu déconcertés par cette vision « mathématique » de la musique, mais tout ceci n’est qu’un moyen (parmi tant d'autres) pour parvenir à trois objectifs majeurs dans notre rôle d’improvisateur :

 

Objectif auditif :

Entendre les triads conduit peu à peu à entendre les gammes qui en sont issues avec plus de précision et d’assurance. Ceci est important pour le développement de l’oreille, l’anticipation, la spontanéité dans l’improvisation musicale.

 

Objectif technique :

Maîtriser toutes les triads sur l’instrument et dans les douze tons facilite peu à peu l’apprentissage des douze gammes car on en connait (par réflexe au début), trois notes sur sept.

De plus, connaître les six renversements de chaque triad sera  utile pour (plus tard) sortir du jeu trop conjoint dans l’improvisation.

 

Objectif de musicalité :

C’est le but ultime, il ne faut jamais le perdre de vue.

Rendre musicales ces triads, par un travail rigoureux et méthodique (au départ), pour ensuite les mélanger, les briser, les renverser et plus tard s’en détacher totalement pour s’amuser et jouer avec, au gré de son envie et de l’environnement sonore qui nous entoure.

C’est là aussi qu’émerge la personnalité musicale ainsi que des automatismes mélodiques et rythmiques. C’est à ce stade que l’on peut percevoir l’influence personnelle que l’on peut avoir sur la musique, le sentiment d’être créatif et inventif, en prenant du plaisir avec son instrument.

 

 

Inventer des rythmes, créer des combinaisons mélodiques simples (dans les douze tons et dans les quatre couleurs primaires) aide dans l’élaboration d’un vrai disours improvisé avec un matériau très restreint : les triads.

 

Je vous invite donc à y passer un peu de temps dans votre pratique musicale quotidienne en ayant à l’esprit deux grands principes :

 

-      Travailler par cœur sur des cycles ascendants et descendants (cycles de quartes, de quintes, de tierces etc …).

 

-      Pratiquer le « TTT » dont me parlaient Denis Jacquet et Eric Desbois  un jour, c’est à dire Travailler dans Tous les Tons.

 

 

Je vous proposerai très prochainement des exemples audios et vidéos sur ce que l'on peut faire avec des « triads » dans un contexte de travail et dans un contexte purement musical.

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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 11:51

La musique occidentale est composée de 12 demi-tons.

Assemblés dans l’ordre, ces douze demi-tons engendrent la gamme chromatique, gamme unique dont les limites sont les limites physiques de l’instrument (note la plus grave à la note la plus aigüe).

 

Dans une optique de travail, on peut assembler ces douze demi-tons par cycle de quartes ascendantes (deux tons et demi plus haut), par cycle de quintes  ascendantes (trois tons et demi plus haut), par cycle de tierces (majeures, mineures, diminuées ou augmentées), par cycle de secondes, par cycle chromatique etc…

Eric Barret et Jamey Aebersold nous proposent des « grilles » complètes particulièrement intéressantes regroupant ces progressions assez courantes.

 

 

Précédemment je disais que le terme musical triad (d’origine anglo-saxonne) n’avait pas d’équivalent en français, d’où cette orthographe quelque peu choquante.

En revanche, en français on parle de chiffrage pour nommer les triads.

 

A = La

B  = Si

C = Do

D = Ré

E = Mi

F = Fa

G = Sol

 

 Il est capital pour un improvisateur de se familiariser avec ces chiffrages qui constituent les accords de base du pianiste et du guitariste.

 

La lettre C pour la main gauche d’un pianiste lui indique qu’il doit faire sonner simultanément les degrés 1, 3 et 5 de la gamme de Do majeure, c'est-à-dire concrètement les notes  do, mi et sol.

C’est le minimum « vital » pour entendre la couleur « do majeure », (même si dans les faits le pianiste ne va pas se contenter de ces trois sons et va en ajouter d’autres).

Pendant ce temps sa main droite, en improvisant, empruntera des chemins qui passeront fatalement par ces trois sons.

 

 

Jouer chaque triad sur une progression choisie et dans une couleur choisie est une bonne approche apprécier le « contenu émotionnel » de chaque triad.

 

Mark Levine nous dit :

« … une triade majeure peut sonner joyeuse, forte ou triomphante. Une triade mineure peut sonner triste, pensive ou tragique. Une triade diminuée suggère souvent la tension ou l’agitation. Une triade augmentée a une qualité flottante, brumeuse suggérant l’émergence du brouillard ou l’enchantement… ».  

 

Il ajoute que même si ces procédés musicaux sont devenus des classiques incontournables, ils fonctionnent toujours avec la même redoutable efficacité quel que soit le style de musique (musique de télé, musique de théâtre, musique de film, musique live ou enregistrée …).

 

Nous sommes ainsi au cœur du rôle de l’artiste dans sa globalité :

Transmettre des émotions, faire rire, faire pleurer, faire s’agiter, faire hurler, faire réagir  son auditoire pour créer une fougueuse et irrésistible interaction.

 

 

Dans les exemples que je vous propose, j’ai essayé (modestement) de n‘utiliser que des triads (majeures ou mineures) sur des cycles (quartes ou quintes) ou sur des grilles.

Le but étant de rendre musical ce matériau restreint, il est assez facile (avec un peu de pratique) d’anticiper mentalement les mélodies que l’on invente pour arriver peu à peu à les jouer en temps réel au moment où on les pense.

C’est le même parallèle que l’on peut établir entre la voix parlée et la pensée intérieure.






 
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 04:33

Pour les uns, l’improvisation musicale ne s’enseigne pas.

Si tu veux apprendre à improviser, improvise ! Lâche-toi, libère-toi de tout académisme en faisant confiance à ton instinct.

Il y a dans cette radicalité quelque chose de profondément vrai.

 

Mais cette attitude « pédagogique » possède ses limites.

L’émotion et l’énergie que dégage le musicien ne suffisent pas : c’est l’auditeur qui doit être ému. Il faut apprendre à lui parler, communiquer avec lui, mettre en forme ses émotions, trouver le chemin le plus juste pour exprimer ce qu’on a à raconter avec son instrument.

 

L’enseignement de l’improvisation musicale est difficile car il doit intégrer deux éléments antagonistes : l’apprentissage de règles, et celui de la liberté.

L’expérience de la liberté est essentielle lorsqu’on parle d’improvisation, mais elle ne fait pas toujours bon ménage avec la rigueur d’un enseignement académique et technique de type conservatoire.

 

Dans le domaine de l’improvisation musicale, c’est à chacun de trouver son propre cheminement, ce qui est efficace pour lui-même, Jacques Siron le clame avec vigueur dans son ouvrage « la partition intérieure ».

Aucun enseignant, aucune méthode, aucun ouvrage ne peut se substituer à l’expérience de l’élève.

Si ce cheminement passe par des moments de doute, de solitude et d’angoisse, il y a aussi de formidables moments de plaisir et de joie.

 

Pour apprendre à improviser, ce n’est pas vrai qu’il suffit de travailler ce que propose le « maître » ou « la méthode ».

C’est à chacun de développer certaines notions, choisir ce qui lui semble important, faire un va et vient sensible et intelligent entre son jeu, le désir de le changer et acquérir de nouvelles connaissances.

 

Jacques Siron résume bien le sujet :

« Apprendre à apprendre c’est aussi savoir affronter les difficultés, il n’est pas utile de répéter ce qu’on sait déjà faire, n’est ce pas une manière de gaspiller son énergie sans avancer ? Affronter c’est reconnaître une difficulté et lui faire face, ce qui demande clairvoyance, lucidité et courage. Esquiver une difficulté, c’est juste reculer l’échéance ».

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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 04:03
Dans les documents de travail suivants, je vous propose de visualiser (et de travailler) toutes les permutations possibles concernant les « triads ».
 
Comme je vous l’ai déjà indiqué, il y a six permutations possibles pour chaque « triad » et quatre couleurs fondamentales (majeure, mineure, augmentée et diminuée). Ne vous sentez pas submergés par le nombre de permutations possibles !
 
Les progressions utilisées sont assez courantes, je vous conseille (si l’aventure vous tente) de commencer par les progressions chromatiques qui sont plus difficiles à assimiler mais se révèlent plus efficaces en terme de mémorisation.
 
Ci-dessous vous trouverez des grilles à objectif pédagogique :

1- Progression par quartes (ou quintes descendantes).
2- Progression par quintes (ou quartes descendantes).
3- Progression par tierces majeures (4 séries).
4- Progression par tierces mineures (3 séries).
5- Progression par secondes majeures (2 séries).
6- Progression chromatique.
 
L’objectif est de manipuler les « triads » avec de plus en plus d’aisance et de dextérité pour les entendre et créer des phrases mélodiques en temps réel.
Avec un peu de travail et de rigueur vous retiendrez facilement ces progressions d’accords « classiques » car elles sont issues de la musique que nous écoutons quotidiennement.
Dernière chose au sujet des grilles : travailler aussi les progressions à l’envers pour une vision complète du sujet.

 
Concernant les « triads », le principe est de pratiquer et connaître tous les renversements appelés aussi « Permutations ».
Ce concept de permutations est inspiré du premier volume des ouvrages de Jerry Bergonzi : « Les structures mélodiques ». Je reviendrai plus tard sur ce pédagogue musicien particulièrement intéressant.

Dans le document ci-dessous, je vous propose de partir de la tonalité de do (C).
Chaque ligne représente une couleur de do :
1- Couleur majeure (1-3-5).
2- Couleur mineure (1-b3-5).
3- Couleur augmentée (1-3-#5).
4- Couleur diminuée (1-b3-b5).
 
Les six mesures par ligne représentent une permutation différente pour la même « triad ».
J’ai choisi un rythme simple (deux noires + une blanche), à vous d’en inventer d’autres …
L’idée étant de faire entendre les trois sons fondamentaux de votre « triad » dans chaque mesure.
Pour un travail efficace et une question de méthode, choisissez une couleur d’accord, une permutation précise et une progression.
 
Encore une fois, ne vous sentez pas submergés. Dès lors que vous serez à l’aise avec les permutations fondamentales (1-3-5 et 5-3-1), les quatre autres permutations seront assez faciles à manipuler. De plus il sera plus aisé d’anticiper les « mélodies » que vous allez créer.
 
N’hésitez pas à « tester » ces « triads » en les mélangeant au hasard sur des playbacks ou avec votre formation musicale en y ajoutant vos émotions et votre intensité sans oublier de varier les rythmes.
 
Si vous avez quelques notions de piano, je vous conseille de pratiquer les « triads » sur un clavier. Le côté visuel de l’instrument vous sera très utile pour mémoriser le nom des notes qui composent chaque « triad ».
 
Ce travail de base dans l’improvisation musicale est passionnant et enrichissant. Il ne vous donnera plus envie de dormir dès lors que vous allez commencer à « tricher », c'est-à-dire vous autoriser un quatrième son…
Ce concept de « triad + une note » va développer votre oreille de façon prodigieuse ainsi que votre capacité à maîtriser clairement votre discours musical...
 
En effet cette quatrième note, que je nommerai note x, va peu à peu entrer dans votre jeu mais avec un vrai statut. Ce sera une septième, une sixte ou une quarte … Peu importe, mais c’est votre oreille qui la choisira avec une approche plus réfléchie.
Vous aurez tendance à rechercher instinctivement cette note x dès lors que l’harmonie (ou la grille d’accords) va changer. Ainsi les notes de la « triad » vont se réduire à des « notes cibles » (appelés aussi "notes-guides"), sur lesquelles se "reposer" sans prendre de risque dans le discours et suggérant de surcroît, une certaine stabilité dans l'improvisation musicale.
Ce sont les fameux "Guide-tone Lines" en anglais qui constituent le véritable chemin harmonique d'une improvisation """rèussie""" avec 8 167 guillemets.
C'est surtout le moyen de faire entendre une grille dans une improvisation musicale.
Il s'agit d'improviser en mettant en valeur ces notes-guides dans vos phrases musicales, afin d'exprimer une mélodie cohérente pour vous (émetteur) et accessible pour l'auditeur (récepteur).

Je vous engage à explorer rapidement ce concept de « triad + note » dès  que vous serez à l’aise avec toutes les « triads » dans une couleur donnée (majeure, mineure, augmentée ou diminuée), car bien sûr cette note x changera suivant la couleur de l’accord (ce serait trop simple autrement).

Pour conclure au sujet des « triads » que l’on peut qualifier maintenant de « notes cibles » ; penser à les  approcher chromatiquement, c'est-à-dire attaquer la note par son demi ton supérieur, inférieur ou les deux à la fois.
Par exemple si je cible la note do, je passerai par un ré bémol pour y parvenir  ou un si bécarre, ou les deux. Ces notes « interdites » appelées aussi « notes de passage » apporteront plus de fluidité et de cohérence à votre discours musical.
La recherche permanente de la bonne approche chromatique était une discipline olympique chez les boppers par exemple.
Pratiquez, pratiquez, pratiquez sera donc le mot de la fin.
 
Passez du temps (dans la limite du raisonnable toutefois) à chercher, inventer, déformer, copier, coller, trier, mélanger, éliminer, triturer, malaxer vos idées. Le tout en privilégiant le travail de votre oreille, l'imagination créatrice ainsi que le plaisir.

Dans votre pratique quotidienne, si vous avez un minimum de matériel, accordez vous des séances d’enregistrement. C’est un bon moyen pour évaluer vos progrès et définir concrètement vos objectifs. Servez-vous de l'enregistrement pour prendre de la distance, écoutez attentivement ce que vous avez joué, sans complaisance ni critique excessive. Etes-vous bien dans la pulsation ? y a-t-il des hésitations ? Que devez-vous améliorer ?

Utilisation des triades
Exemple d'improvisation musicale avec une triade majeure.
Exemple d'improvisation musicale avec une triade mineure.
Exemple d'improvisation musicale avec une triade augmentée.
Exemple d'improvisation musicale avec une triade diminuée.
Exemple d'improvisation musicale avec deux triades majeures.
Publié dans : Pratique de l'improvisation musicale - Par Rachid Manou
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